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Jemaa Music

Header - Jemâa Music

Je me bats pour la vérité

Je n’ai jamais signé avec le diable

Texte de Jemâa – Artiste libre, citoyen du monde

Je suis un artiste.
Je suis un homme libre.
Et je suis en colère.

Je suis en colère de voir le silence,
le silence des artistes, le silence des musiciens,
ceux-là mêmes qui m’ont appelé un jour
« chanteur engagé »,
mais qui aujourd’hui se taisent
quand les enfants tombent à Gaza
comme des feuilles qu’on piétine.

Moi, je n’ai jamais signé avec le diable.
Je n’ai jamais courbé l’échine devant les majors.
Je n’ai jamais vendu ma voix contre des contrats.
Je n’ai jamais oublié que la musique
doit d’abord réveiller.

Aujourd’hui, je suis en colère.
Alors j’ai décidé de faire ce que je sais faire.
Créer.
Détourner.
Dénoncer.

Je vais prendre les tubes que vous entendez partout,
ceux que les radios relaient sans honte,
et je vais y poser des images du génocide.
Je vais les recouvrir de sang, de ruines, de regards d’enfants.
Je vais les confronter à ce qu’ils n’osent pas voir.
Parce que leurs propres paroles résonnent plus que jamais avec l’horreur.

Et ce ne sera que le début.

J’en appelle à tous les artistes,
les vrais,
ceux qui ont encore un cœur, une voix, une conscience.
J’en appelle aux peintres, aux poètes, aux rappeurs,
aux chanteuses de l’ombre, aux vidéastes, aux danseurs,
à tous ceux qui refusent l’indifférence.

Formons des groupes. Des collectifs. Des fronts.
Unissons-nous sous la bannière d’un mot que beaucoup n’osent plus dire :
GÉNOCIDE.

Parce que ce qui se passe à Gaza
n’est pas une guerre.
C’est un abattage.
Une élimination systématique.
Des enfants tués à bout portant.
Des mères abattues avec leur ventre.
Des quartiers rasés.
Des voix effacées.

Le monde a basculé.
Il bascule encore.
Vers le contrôle. La tyrannie. La cruauté.
Et dans ce monde qui sent le plastique brûlé et la censure,
je ne veux plus de passeport.
Je veux une citoyenneté humaine.
Je veux appartenir à ceux qui disent non.

Non à la haine.
Non au racisme d’État.
Non aux puissances qui parlent de liberté avec le canon d’un char.
Non à cette Amérique impériale.
Non à ce sionisme meurtrier.
Non à ce système où l’industrie du divertissement
baigne dans le sang et ferme les yeux.

Je suis Jemâa.
Je suis artiste.
Et je continuerai à chanter,
mais je chanterai avec les images.
Avec les cris.
Avec les silences.
Avec la mémoire des enfants dont les noms ne sont jamais prononcés à l’antenne.

Alors écoutez-moi bien.
Je ne suis pas là pour faire la morale.
Je suis là pour vous rappeler une chose :
quand la musique ne dénonce plus,
elle devient complice.